Conférence avec Jean-François Mattéi [en]

Le service culturel de l’Ambassade de France est heureux d’accueillir Jean-François Mattéi à Ottawa les 24 et 25 avril 2012 dans le cadre de conférences et discussions autour de son ouvrage « Le procès de l’Europe : Grandeur et misère de la culture européenne ». Rencontres organisées en collaboration avec le CIRCEM, Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités (Université d’Ottawa).

Mardi 24 avril 2012
17h30 -19h
Colloque et atelier
Jean-François Mattéi

Professeur à l’Université de Nice Sophia Antipolis et auteur de « Le procès
de l’Europe. Grandeur et misère de la culture européenne »

Journée d’étude : mercredi 25 avril 2012, 13h -17h30 :

Université d’Ottawa
Pavillon Desmarais
Salle 3120

Discussions en français
Entrée libre et gratuite
Pour tout renseignement : circem@uottawa.ca



Cycle de conférences : le programme complet ICI



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Jean-François Mattéi, professeur à l’Université de Nice Sophia Antipolis et auteur de « Le procès de l’Europe. Grandeur et misère de la culture européenne »
Conférence : mardi 24 avril à 17h30 à l’Université d’Ottawa, Pavillon Desmarais

« Où en serait le monde sans Spinoza, sans Freud, sans Einstein ? » demandait Nicolas Sarkozy à Jérusalem. On pourrait aussi demander : « Où en serait l’Europe sans Descartes, sans Goethe, sans Beethoven ? » Et où en serait l’homme sans la philosophie, la science, la technique, la médecine, le droit, la politique, l’économie que le génie de l’Europe a apporté à l’Occident puis au monde ?

La promesse qui a animé la pensé européenne dans son alliance avec la raison était la promesse d’une culture ouverte sur l’humanité. Or, l’Europe ne présente plus ce souci de la tradition dont elle a hérité. Les plus grands esprits du siècle passé, de Paul Valéry à Simone Weil, ont dénoncé l’amnésie d’une civilisation vouée à la guerre et au commerce, mais indifférente à sa culture. Quand Camus écrivait que « le secret de l’Europe, c’est qu’elle n’aime plus la vie », il pressentait qu’elle n’aime plus ses propres créations.
Si l’Europe met en procès son passé, elle n’est plus une civilisation, mais une étiquette qui n’évoque pour ses habitants qu’une administration bruxelloise. Il convient donc de réactiver un patrimoine qui demeure dans ces lieux de mémoire que sont les œuvres, les villes et les aires culturelles. Ce sont ces modèles qui ont pour fin de donner aux Européens, en un temps de mondialisation, l’intelligence de leur destin.

On s’étonne que les peuples soient méfiants à l’égard de l’Europe. Elle est en effet en panne d’identité parce qu’elle n’a plus de souffle créateur. L’Union européenne tourne le dos à sa culture pour ne s’intéresser qu’à son économie, et refuse la tradition chrétienne, car religieuse, comme l’héritage grec, car esclavagiste. Karel Kosik, le philosophe marxiste tchèque, affirmait pourtant que « l’Europe, c’est la Grèce antique, le christianisme, les Lumières ; c’est Diderot, Mozart, Kant ». Mais c’était pour déplorer que ce monde n’existe plus quand l’Europe se voue au « trop plein de vide ». Les Européens trouveront leur identité quand ils feront vivre la culture qui a forgé leur monde commun.

JPEG Jean-François Mattéi, Docteur d’État ès-Lettres, Agrégé de Philosophie, Diplômé de Sciences politiques, est professeur émérite de l’université de Nice-Sophia Antipolis, et professeur de philosophie politique à l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence.

Chevalier de la Légion d’Honneur, il a été membre du Comité d’éthique du CIRAD, responsable pour les sciences humaines du COFECUB (accords universitaires franco-brésiliens), et il est professeur associé à l’université Laval de Québec. Il a été le conseiller personnel du ministre de l’Éducation nationale au Cabinet de M. François Bayrou en 1993 et 1994. Membre de la section « Prospective » du Conseil économique et Social de la Région Provence-Côte d’Azur, il est Directeur éditorial de deux maisons d’édition et participe au comité de rédaction de plusieurs revues.

Derniers ouvrages parus :

° De l’Indignation, Paris, La Table Ronde, 2005. – L’Énigme de la pensée, Nice-Paris, Ovadia, 2006.

° Le Regard vide. Essai sur l’épuisement de la culture européenne, Paris Flammarion, 2007 ; Prix Montyon de philosophie de l’Académie Française en 2008.

° Albert Camus et la pensée de Midi, Nice-Paris, Ovadia, 2008. - Le Sens de la démesure, Cabris, Sulliver, 2009.

° Jorge Luis Borges et la philosophie, Nice-Paris, Ovadia, 2010.

° L’Identité de l’Europe, avec Chantal Delsol, Paris, PUF, 2010. - Albert Camus. Du refus au consentement, Paris, PUF, 2011.

° Le Procès de l’Europe, Paris, PUF, 2011. –Philosophie de la chirurgie esthétique, avec le Dr. Henry Delmar, Paris, Odile Jacob, 2011.
Également publié aux Presses de l’Université d’Ottawa (septembre 2011)

° Essai sur L’Homme des foules d’Edgar Poe, Paris, Manucius, 2011.

° Présentation de Xénophon, Les Mémorables de Socrate, Paris, Manucius, 2012.

Publications à venir :

° Platon, Paris, Le Cerf, 2012.

° L’Homme indigné, Paris, Le Cerf, 2012.

° Actualité de Platon. La puissance du simulacre, Paris, François Bourin, 2012.

° Les philosophes antiques, un coffret de 6 CD chez Fremeaux et Associés, 2012.

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Dernière modification : 26/04/2012

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