Conférence des ministres des Affaires étrangères du G8 [en]

JPEG Les ministres des Affaires étrangères du G8 se sont réunis à Gatineau, les 29 et 30 mars 2010, à l’invitation de Lawrence Cannon, ministre des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada.

A la suite des attentats qui ont frappé Moscou lundi matin, les ministres ont exprimé à Sergueï Lavrov leur solidarité avec la Russie dans cette épreuve et leur condamnation du terrorisme. Il a été décidé de renforcer la coordination du G8 sur les questions de terrorisme, en vue notamment du Sommet du G8 à Muskoka en juin prochain.

Cette réunion a permis d’affirmer l’accord des États-membres du G8 sur les questions de non-prolifération et de désarmement, à deux semaines du Sommet de Washington sur la sécurité nucléaire (12-13 avril) et du début de la conférence d’examen du TNP (mai 2010). M. Cabactulan, président de la conférence d’examen, a rendu compte aux ministres de l’état d’avancement de la préparation de cette échéance. Bernard Kouchner a plaidé en faveur d’un traitement équilibré entre les trois piliers du Traité (nucléaire civil, non-prolifération, désarmement) et rappelé que la communauté internationale devait apporter une réponse aux défis actuels, notamment les crises de non-prolifération et le renouveau d’intérêt pour le nucléaire civil. Cette position se retrouve dans la déclaration adoptée par les ministres du G8.

Dans ce contexte, le dossier iranien a été longuement évoqué. Tous les membres du G8 ont réitéré leurs graves préoccupations concernant les risques de prolifération posés par le programme nucléaire de l’Iran, et souligné l’importance de voir ce pays respecter intégralement et immédiatement ses obligations internationales. Le G8 a également appelé le gouvernement iranien à respecter les droits de l’Homme. Enfin, les ministres ont exhorté la Corée du Nord à reprendre immédiatement les pourparlers à Six sans conditions préalables.

Les ministres ont adopté une déclaration politique sur l’Afghanistan et annoncé le lancement d’une initiative commune sur la coopération transfrontalière entre l’Afghanistan et le Pakistan.

D’autres sujets d’intérêt commun ont été évoqués, tels que la Conférence internationale des donateurs pour Haïti qui s’est tenue à New York le 31 mars, la situation sécuritaire autour du golfe d’Aden et dans la zone sahélo-saharienne et la façon dont les membres du G8 pouvaient aider les États vulnérables à relever les défis posés par des catastrophes naturelles, le terrorisme ou la criminalité transnationale.

Certains de ces thèmes seront également à l’ordre du jour de la réunion des chefs d’État et de gouvernement du G8, à Muskoka les 25 et 26 juin.

Enfin, la France assurera la présidence du G8 et du G20 en 2011.

Conférence de presse de Bernard Kouchner

- Conférence de presse de Bernard Kouchner (Ottawa, 29 mars 2010)

"La situation est très complexe en Bosnie. Nous en avons parlé, mais nous devons maintenir notre engagement. L’Europe est un peu lasse de s’y maintenir, de même que les Etats-Unis, sans parvenir à une solution. C’est tout de même la situation la plus compliquée dans les Balkans. Il n’empêche qu’il faut considérer les Balkans dans leur ensemble, car la situation de la Bosnie est liée à la situation de la Serbie, et la situation de la Serbie à celle du Kosovo."

Déclarations officielles

- Déclaration des ministres des Affaires étrangères du G8 sur la non‑prolifération nucléaire, le désarmement et les utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire : Une contribution à la conférence d’examen du TNP en 2010 (30 mars 2010)

... "Nous, ministres des Affaires étrangères du G8, affirmons notre soutien inconditionnel au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qui constitue à la fois la pierre angulaire du régime de non-prolifération et le fondement essentiel de la poursuite du désarmement nucléaire ainsi que de la promotion des utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire. La Conférence d’examen du TNP, qui se tiendra en mai, offre l’occasion de travailler ensemble pour réaffirmer l’autorité de cet important instrument de sécurité collective, dans l’intérêt de notre sécurité globale et de son renforcement."...

JPEG La France et le désarmement nucléaire


- Déclaration du Premier ministre du Canada (Ottawa, 30 mars 2010)

...
« Permettez-moi de le répéter : si les nations les plus riches et les plus puissantes du monde ne s’occupent pas des pires problèmes, des plus insolubles, rien ne sera fait, tout simplement. En vous réunissant aujourd’hui, vous participez à des discussions essentielles sur les enjeux auxquels nous devons nous attaquer ensemble. Cette réunion constitue bien entendu une étape cruciale dans la préparation au sommet des dirigeants en juin.
...


- Déclaration de la présidence canadienne (Gatineau, 30 mars 2010)

Les ministres des Affaires étrangères du G8 se sont réunis à Gatineau, au Québec, les 29 et 30 mars 2010 pour un échange de vues et une action concertée relativement à des situations et à des enjeux ayant une incidence sur la paix et la sécurité internationales. Ils ont discuté de trois grands thèmes : la non-prolifération et le désarmement nucléaires ; le terrorisme ; et les vulnérabilités en matière de sécurité. Ils ont convenu que les États démocratiques qui respectent les droits de la personne et la primauté du droit favorisaient le mieux la sécurité et la prospérité. Les paragraphes qui suivent reflètent la teneur des discussions, selon la présidence.

Non-prolifération et désarmement nucléaires

La prolifération nucléaire constitue une grave menace pour la sécurité mondiale et 2010 est une année charnière pour l’établissement d’une orientation pour l’avenir. Les ministres des Affaires étrangères du G8 ont salué la conclusion des négociations entre les États-Unis et la Fédération de Russie afin de réduire encore davantage leurs arsenaux nucléaires, en soulignant qu’il s’agissait d’un pas important vers un monde exempt d’armes nucléaires. Ces discussions aident également à créer une conjoncture favorable en vue du succès de la Conférence d’examen du Traité de non-prolifération des armes nucléaires, en mai prochain, qui a fait l’objet d’une déclaration séparée des ministres. Ceux-ci ont également discuté des succès du Partenariat mondial contre la prolifération des armes de destruction massive et des matières connexes et demandé une évaluation de ses réalisations ainsi que des défis qui persistent, avec pour objet de déterminer s’il convient de le prolonger au-delà de 2012. Les ministres ont en outre estimé que le Sommet sur la sécurité nucléaire, qui se tiendra à Washington en avril, s’avérera une occasion importante pour promouvoir la sécurité des matières nucléaires afin d’empêcher que celles-ci ne tombent entre les mains de terroristes ou d’autres personnes ou entités non autorisées. À cet égard, ils ont souligné la nécessité de mettre en œuvre la résolution 1540 du Conseil de sécurité des Nations Unies qui engage les États à prendre des mesures concrètes contre la prolifération des armes de destruction massive, et d’aider les pays en développement en ce sens.

Le non-respect persistant par l’Iran de ses obligations découlant des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et de ses obligations devant l’AIEA dans le contexte de son programme nucléaire est une source de graves préoccupations pour les ministres du G8. Ceux-ci ont certes reconnu le droit de l’Iran de poursuivre un programme nucléaire civil. Toutefois, les récentes actions de ce pays, y compris son manque de transparence dans la construction d’une usine d’enrichissement de l’uranium près de Qom, ainsi que sa décision récente d’intensifier ses activités d’enrichissement de l’uranium en violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et son refus de donner suite aux efforts des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, plus l’Allemagne, afin de trouver une solution diplomatique à ce problème, laissent planer des doutes encore plus sérieux sur la nature pacifique de son programme nucléaire. Les ministres ont vivement exhorté l’Iran à coopérer pleinement avec l’AIEA et à se conformer aux résolutions applicables du Conseil de sécurité des Nations Unies. Dans le contexte d’une approche en deux volets, les ministres ont convenu de demeurer ouverts au dialogue tout en réaffirmant la nécessité pour la communauté internationale de prendre des mesures appropriées et fermes pour démontrer la détermination internationale à faire respecter le régime international de non-prolifération nucléaire et persuader l’Iran de veiller à ce que la nature pacifique de son programme nucléaire suscite une confiance internationale accrue.

Les ministres se sont dits inquiets de voir que les protestations légitimes continuent d’être violemment réprimées par le gouvernement iranien. Ils ont appelé le gouvernement de l’Iran à respecter la primauté du droit et les droits de la personne reconnus universellement.

Les programmes nucléaires et de missiles de la Corée du Nord déstabilisent la région et la sécurité internationale. Les ministres ont exhorté ce pays à reprendre les pourparlers à six sans poser de conditions et à s’acquitter de ses engagements, y compris la dénucléarisation complète et vérifiable de la péninsule coréenne. Ils ont souligné la nécessité que tous les États appliquent intégralement les résolutions 1718 et 1874 du Conseil de sécurité des Nations Unies. À cet effet, ils ont appelé la Corée du Nord à répondre aux préoccupations de la communauté internationale relativement à la détérioration de la situation humanitaire, y compris en ce qui a trait à la question des enlèvements.

Terrorisme

Depuis les attaques du 11 septembre 2001, une vaste collaboration internationale diminue la capacité des terroristes à entraîner des recrues et à perpétrer des attaques. Toutefois, les terroristes continuent à chercher de nouveaux moyens d’atteindre leurs objectifs. Dans une déclaration distincte, les ministres ont vivement condamné les lâches attentats terroristes qui ont eu lieu dans le métro de Moscou le 29 mars et ont demandé que les responsables soient traduits en justice.

Les ministres ont également discuté des préoccupations suscitées par l’augmentation marquée des enlèvements perpétrés par des terroristes, y compris pour obtenir un gain financier, et par les liens entre certains groupes terroristes et le trafic illicite de drogues, la piraterie et le crime organisé. Les ministres ont discuté de la nécessité de demeurer vigilants et se sont entendus pour poursuivre leur collaboration afin de contrecarrer et d’entraver les actions des terroristes, et notamment de traduire ces derniers en justice pour éviter qu’ils ne trouvent un endroit pour se réfugier. Ils ont convenu que des efforts multidimensionnels et coordonnés sont nécessaires pour contrer l’extrémisme violent et la radicalisation, enrayer la diffusion de l’idéologie terroriste et s’attaquer aux causes de l’extrémisme violent. Ils ont affirmé leur attachement aux principes d’inclusion, de tolérance, de démocratie et de respect des droits de la personne dans la lutte contre le terrorisme. Devant la menace terroriste mondiale, les ministres ont souligné la nécessité d’une réponse plus systémique, proactive et intégrale, fondée sur les conventions universelles en matière de lutte contre le terrorisme, sur la Stratégie anti-terroriste mondiale de l’ONU, sur les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies de même que sur d’autres mécanismes et instruments pertinents. Ils ont convenu d’élaborer un plan d’action robuste couvrant, entre autres, le renforcement et la pertinence des activités du groupe Roma/Lyon et du Groupe d’action contre le terrorisme, afin d’accroître leur contribution à l’effort mondial de lutte contre le terrorisme. Ce plan sera présenté aux dirigeants lors du Sommet de Muskoka. Les ministres ont également parlé de l’importance de poursuivre le renforcement de la sécurité en matière de transport, y compris aérien, partout dans le monde.

Les ministres ont discuté de leur engagement militaire et civil en Afghanistan, pour que ce pays ne serve plus jamais de refuge aux terroristes. Ils ont en outre évoqué la nécessité d’aider le gouvernement afghan à assumer la responsabilité de la sécurité, de la prestation des services de base et de la gouvernance démocratique à l’intérieur de ses frontières, ainsi que de l’importance pour le gouvernement de l’Afghanistan de faire sa part dans la concrétisation des engagements pris lors de la Conférence de Londres en janvier dernier. La position des ministres est énoncée en détail dans une déclaration séparée.

Les ministres se sont également penchés sur la situation au Pakistan et sur les efforts du gouvernement pour remédier aux difficultés économiques et sociales à l’échelle nationale, y compris le renforcement des institutions démocratiques. Les ministres ont salué l’action du gouvernement pakistanais pour éradiquer l’extrémisme violent, notamment dans la région frontalière avec l’Afghanistan.

Les ministres ont convenu de continuer à appuyer les gouvernements afghan et pakistanais dans la poursuite de leurs efforts dans la région frontalière. Ils ont aussi convenu que des efforts strictement militaires ne suffisaient pas et que le soutien au développement, à la bonne gouvernance et aux réformes économiques devait faire partie des solutions. Sur ce point, les ministres se sont entendus pour mettre en œuvre, de concert avec les gouvernements afghan et pakistanais, ainsi que la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement, l’Initiative pour la prospérité de la région frontalière entre l’Afghanistan et le Pakistan, qui vise à renforcer le commerce et l’infrastructure frontalière de façon à favoriser le développement économique et l’emploi au niveau local. Les ministres ont publié un document d’information séparé sur l’Initiative.

Les ministres ont discuté de l’intensification des activités terroristes dans la péninsule Arabique et dans certaines régions d’Afrique, en particulier au Yémen, en Somalie et dans le Sahel. Les conflits internes et les régions qui échappent au contrôle effectif des gouvernements constituent un terreau fertile pour les terroristes qui peuvent ainsi recruter de nouveaux membres et mener leurs activités en toute impunité, en plus d’entraîner d’autres problèmes, tels que la piraterie, les enlèvements, le trafic illicite de drogues et d’armes, la traite des êtres humains et les migrations illégales. Les ministres ont examiné comment la communauté internationale pouvait aider le gouvernement du Yémen dans sa lutte contre le terrorisme et la mise en œuvre d’un programme de réformes politiques et économiques. Il convient de saluer la trêve intervenue entre le gouvernement yéménite et les rebelles du nord. Les ministres se sont également dits préoccupés par l’instabilité persistante en Somalie, encourageant l’appui international au gouvernement fédéral de transition. Ils ont aussi exprimé de vives préoccupations concernant les menaces sécuritaires à l’échelle du Sahel découlant de l’élargissement du champ d’action des bandes criminelles et des cellules terroristes. Les ministres ont discuté des liens entre ces problèmes et de la nécessité d’approches régionales et d’un engagement avec les gouvernements locaux pour que ceux-ci puissent mieux lutter contre le terrorisme et renforcer leur sécurité, ainsi que s’attaquer aux défis socioéconomiques.

Vulnérabilités en matière de sécurité

De nombreux pays n’ont pas les institutions efficaces et responsables nécessaires pour prévenir et gérer les conflits, assurer la sécurité après des catastrophes, ou lutter contre le terrorisme, la prolifération et le crime organisé transnational. Les ministres ont examiné la nécessité d’aider ces pays et des institutions régionales à renforcer les capacités institutionnelles qui sous-tendent la gouvernance démocratique, la primauté du droit et le respect des droits de la personne pour leur permettre de remédier efficacement à leurs vulnérabilités en matière de sécurité. Les ministres se sont réjouis de la proposition du Canada de tenir une conférence de hauts fonctionnaires afin de trouver des façons d’accroître l’efficacité et la cohérence de ces efforts visant à renforcer les capacités.

Les ministres ont par ailleurs estimé que, même si les efforts de secours doivent se poursuivre en Haïti, l’attention doit également se porter sur les besoins à long-terme en infrastructure, en gouvernance et en sécurité dans ce pays. Ils ont exprimé le souhait d’aider les Haïtiens à bâtir un avenir nouveau et meilleur pour Haïti sur la base des principes d’appropriation par les Haïtiens, d’inclusion, de responsabilisation, d’efficacité, de coordination et de durabilité. Ils ont appelé tous les donateurs à se montrer généreux dans leur soutien à Haïti à l’occasion de la Conférence internationale qui se tiendra à New York, le 31 mars 2010.

Les ministres ont aussi parlé des enjeux auxquels sont confrontés certains pays d’Amérique latine et des Caraïbes, tels le crime organisé transnational et le trafic illicite de drogues, et de leurs répercussions de plus en plus importantes, non seulement sur les Amériques, mais aussi sur l’Afrique (par laquelle transite la drogue) et l’Europe. Ils ont réaffirmé leur détermination à lutter contre ces vulnérabilités en matière de sécurité par le biais de la coopération bilatérale et multilatérale, en particulier avec des organisations régionales, y compris l’Organisation des États américains. Ils ont aussi endossé la déclaration sur le Moyen-Orient, émise par le Quatuor le 19 mars, et souligné l’importance des pourparlers de proximité sur la voie d’une reprise des négociations bilatérales. Ils ont demandé aux deux parties de respecter la Feuille de route pour la paix et de promouvoir un environnement de nature à favoriser des négociations fructueuses. Ils ont aussi réaffirmé leur détermination à continuer d’aider les Palestiniens à se doter d’institutions démocratiques. Les ministres ont aussi évoqué la nécessité qu’il y ait un dialogue national en Birmanie/au Myanmar, et leur inquiétude concernant la loi électorale restrictive récemment adoptée. Ils ont demandé que les élections prévues pour 2010 soient transparentes, pleinement inclusives, justes et libres. Ils réclament aussi que le gouvernement de la Birmanie/du Myanmar permette le plein exercice de la participation démocratique aux prochaines élections et qu’il libère tous les prisonniers politiques, y compris Daw Aung San Suu Kyi, dont le maintien en détention nuirait à la crédibilité du scrutin. Ils ont convenu que les élections qui se tiendront au Soudan en avril constitueront une étape importante dans la transformation démocratique de ce pays, tel que mandaté par l’Accord de paix global, avant le référendum de janvier 2011 sur le futur statut du Sud Soudan. Ils ont souligné la nécessité d’un progrès au Darfour.

Les ministres ont convenu de se réunir la prochaine fois à New York, en septembre 2010, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies.



Pour en savoir plus

- Pour une diplomatie plus solidaire (site du Ministère des Affaires étrangères en France)


JPEG Le Canada est fier d’assurer la présidence du G8 de 2010 et accueillera le Sommet du G8 cette année, les 25 et 26 juin dans la région de Muskoka.





JPEG Pour un monde plus sûr pour tous : La réunion des ministres des Affaires étrangères à Gatineau : Déclaration du Ministre des Affaires étrangères du Canada, Lawrence Cannon.

Dernière modification : 21/07/2016

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