Conférences avec Sophie Duchesne [en]

Dans le cadre du 9ème congrès biennal organisé par l’Association d’études sur la Communauté européenne « L’Europe à l’ère de l’austérité : Intégration, désintégration ou stagnation ? », Sophie Duchesne, directrice de recherche au Centre National de la recherche Scientifique et membre de l’Institut des sciences sociales du politique à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, participera à trois rencontres, jeudi 26 avril (conférence) et vendredi 27 avril (table-ronde) à la Bibliothèque publique d’Ottawa, et le samedi 28 avril à l’hôtel Lord Elgin (table-ronde, inscription payante pour la journée).


Jeudi 26 avril
17h30-19h
Conférence
« Indifférence, scepticisme et identité : (non) attitudes des citoyens vis-à-vis de l’Europe après six décennies d’intégration »


Vendredi 27 avril
15h-16h30
Table-ronde
« L’Europe à l’heure de l’austérité »

Participants : Sophie Duchesne (Université Paris Ouest Nanterre), Patrick Leblond (Université d’Ottawa), Kurt Hübner (University of British Columbia), Vivien Schmidt (Boston University), David Howarth (University of Edinburgh)

Bibliothèque publique d’Ottawa – 120 Metcalfe Street
120 Metcalfe Street

Discussions en anglais
Entré libre et gratuite
R.S.V.P : avant le 20 avril ces@carleton.ca


Samedi 28 avril
14h15-15h45
Table-ronde
« Attitude du public et des élites face à l’immigration européenne »

Discussions en anglais
Inscription payante (journée entière)
Pour tout renseignement : ces@carleton.ca

Hôtel Lord Elgin - 100 Elgin Street - Salle Laurier



- Pour le programme : http://web.uvic.ca/ecsac/biennial2012/program.html


Cycle de conférences : le programme complet ICI



JPEG Sophie Duchesne est directrice de recherche au Centre National de la recherche Scientifique et membre de l’Institut des sciences sociales du politique à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Elle a coordonné ces dernières années le projet CITAE (Citizens talking about Europe), un projet comparatif et qualitatif unissant Sciences Po paris, l’Université d’Oxford et l’Université Catholique de Louvain, qui porte sur les attitudes à l’égard de l’intégration européenne.

Le livre présentant les résultats de cette recherche, Overlooking Europe, paraîtra chez Palgrave fin 2012. Les intérêts de recherche de Sophie Duchesne portent sur la citoyenneté et les identités politiques en France, en Grande-Bretagne et en Europe, ainsi que sur les méthodes d’enquête qualitatives en sciences sociales. Elle coordonne la création d’une banque d’enquêtes qualitatives en France. Elle préside le Conseil scientifique de l’Institut des sciences humaines et sociales du CNRS.


Conférence
« Indifférence, scepticisme et identité : (non) attitudes des citoyens vis-à-vis de l’Europe après six décennies d’intégration »

Jeudi 26 avril à 17h30 à la Bibliothèque publique d’Ottawa

L’idée que l’identité et les émotions jouent un rôle de plus en plus important dans les opinions du public à l’égard de l’UE est de plus en plus répandue dans les études européennes. On considère maintenant que le biais élitiste qui caractérise le processus d’intégration depuis l’origine s’est transformé en ‘Euro-clash‘ (Fligstein), où les bénéfices inégaux que les classes populaires et les élites tirent des politiques européennes se doubleraient de conflits identitaires, les élites se sentant de plus en plus européennes tandis que les classes populaires restent exclusivement identifiées à leur nation. Cette hypothèse, et plus largement la thèse de la politisation des questions européennes défendue par de nombreux travaux, reposent pour l’essentiel sur l’analyse de données de sondages européens, les Eurobaromètres. Mais dans la dernière décennie, les travaux qualitatifs se sont multipliés au sein des études européennes et leurs résultats convergent sur une toute autre image. Tout d’abord, ils mettent en cause la possibilité de traiter des attitudes des citoyens à l’égard de l’UE sans distinguer entre les pays et les groupes sociaux. Ensuite, ils montrent de façon très cumulative que l’Euroscepticisme de même que l’identification à l’Europe sont des attitudes marginales si on les compare à l’indifférence des citoyens vis-à-vis de l’UE. Cette indifférence est difficilement compréhensible pour les chercheurs qui travaillent sur l’Union européenne et qui mesurent bien l’impact des décisions prises au niveau européen sur les vies, présentes et futures, des Européens. Il reste qu’il est temps pour les sociologues de l’intégration de prendre pleinement ce phénomène en considération. La globalisation et l’impression d’être complètement dominé par les élites politiques et économiques contribuent à priver les citoyens de tout sentiment qu’il y a moyen d’agir sur leur propre vie et font ainsi perdre au projet européen toute signification.

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Dernière modification : 11/04/2012

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