"Des chevaux et des hommes", à partir de la collection historique d’Émile Hermès.

JPEG - 984.6 ko
(de gauche à droite) : Nicolas Chaudun (commissaire de l’exposition), l’Ambassadeur, Chantal Rossi (conseillère associée à la culture, au patrimoine et au design au comité exécutif de la Ville de Montréal) Jean-Paul Desroches (commissaire de l’exposition, Ménéhould du Chatelle (directrice du patrimoine culturel de la maison Hermès), Philippe Dumas (illustrateur et petit-fils d’Emile Hermès)

JPEG

Pointe-à-Callière présente en exclusivité mondiale l’exposition Des chevaux et des hommes, à partir de la collection historique d’Émile Hermès. Durant cinq mois, les Montréalais ainsi que les visiteurs du monde entier ont la chance de faire une incursion dans la collection privée d’Émile Hermès, chef d’entreprise français.

JPEG

Réel privilège pour Montréal et pour Pointe-à-Callière, la collection Émile Hermès s’expose au Musée avec le prêt de quelque 250 objets remarquables issus du cabinet d’amateur du 24, rue du Faubourg Saint-Honoré, à Paris. D’une richesse insoupçonnée, tant historique que patrimoniale, la collection évoque l’histoire du cheval et de sa relation avec l’homme. À ce jour, seuls quelques privilégiés ont pu visiter la collection conservée à un étage réservé de la prestigieuse adresse parisienne.

Au fil de l’exposition réalisée par Pointe-à-Callière en étroite collaboration avec la maison Hermès, le visiteur ressentira la passion qui animait Émile Hermès en prenant plaisir à découvrir sa collection. Cet amoureux du monde équestre et de tout ce qui s’y rattache a collectionné sa vie durant des milliers d’œuvres d’art, tableaux, livres, objets rares et insolites, ou objets d’usage et de goût d’un quotidien disparu.

JPEG

Du désir de rendre hommage au cheval

Fondée à Paris en 1837, la maison Hermès voit le jour comme manufacture de harnacheur-sellier à l’époque où le cheval est roi. C’est sous la gouverne d’Émile Hermès (1871-1951), petit-fils du fondateur, que l’entreprise prend son essor, adaptant ses produits aux nouveaux modes de vie d’une clientèle d’élite. Signe de richesse, gage de pouvoir, le cheval fut longtemps associé à la monarchie, à la noblesse et à la bourgeoisie, ainsi qu’aux écuries de prestige.

Tandis que l’automobile prenait inexorablement la place du cheval dans le quotidien, le sellier devenu maroquinier et couturier d’avant-garde sentit l’urgence de sauvegarder de précieux témoignages du patrimoine équestre. Conscient de l’aura qui demeurerait à jamais attachée au cheval, Émile Hermès a su transposer les valeurs et le savoir-faire traditionnels du sellier dans ses créations de maroquinier et de fabricant d’objets de qualité. Il se montra soucieux d’innover en maintenant la renommée internationale d’Hermès. Le visiteur pourra admirer des objets personnels du collectionneur, dont l’impressionnant cheval à bascule qui a bercé toute sa famille, mais aussi découvrir une entreprise familiale qui a su rester fidèle à ses valeurs et puiser dans le passé pour inspirer son présent et son avenir.

Sur la piste du cheval

Selles, étriers, éperons et autres accessoires équestres du monde entier ne sont que quelques-uns des nombreux objets qui entraîneront le visiteur sur la piste du cheval et le feront chevaucher de l’Antiquité à la Renaissance, et jusqu’au XXe siècle.

La collection Hermès rassemble également un beau choix de tableaux –oeuvres de grands ou de petits maîtres–, de sculptures, gravures et dessins. C’est que, depuis que le cheval est entré dans la vie de l’homme, les artistes s’emploient à en exprimer la beauté, la force et la vaillance, donnant vie aux chevaux célèbres, historiques ou mythiques, tel Pégase, le cheval ailé de la mythologie grecque. De nombreux dessins orignaux créés par Philippe Dumas ponctuent l’exposition et l’enrichissent de leur fraîcheur malicieuse.

Au rythme des équipages

Le visiteur découvrira encore la variété des métiers du cheval et leurs outils : maréchal-ferrant, cocher et postillon... Un regard sur les innovations techniques témoigne de l’ingéniosité de chaque époque, pour lutter contre le froid, améliorer le confort et la sécurité. On y voit ainsi une bouillotte de diligence, un étrier-chaufferette et des œillères-freins, parmi quelques exemples.

Plusieurs objets de l’exposition illustrent également le passage effectué par la maison Hermès, de la sellerie à la bagagerie. Attentif à l’innovation, Émile Hermès a voyagé en Amérique du Nord durant la Première Guerre mondiale dans le cadre d’une mission destinée à approvisionner la cavalerie française en harnais et en chevaux. De son séjour de ce côté-ci de l’Atlantique, il rapporte un système innovant qu’il adaptera à ses créations : la fermeture à glissière, pour laquelle il obtient l’exclusivité d’utilisation en France pendant quelque temps. Il songe aux multiples utilisations de cette ingénieuse fermeture, et l’adapte à la maroquinerie, aux articles de voyage, aux sacs de dames et aux vêtements sportifs.

Indissociable du cheval : l’aventure. Une thématique du voyage est évoquée dans l’exposition par des trousses, sacs, sacoches et malles. Peu à peu, pourtant, le rôle du cheval glisse de l’utilitaire vers les loisirs, l’équitation, la chasse à courre, les courses et les concours hippiques… Plusieurs objets illustrent la transition harmonieuse de la sellerie à la bagagerie. La cavalière n’en règne pas moins dans la collection d’Émile : selles et tenues d’amazones et d’écuyères, accompagnées d’une kyrielle d’accessoires équestres féminins en surprendront plusieurs !

Le bureau d’Émile Hermès : l’âme du 24, rue du Faubourg Saint-Honoré

Enfin, le voile se lève sur l’intimité du bureau d’Émile Hermès, lieu mythique et magique, d’où le maître des lieux dirigeait la maison. À l’Image d’un collectionneur visionnaire et passionné, cet espace immersif au foisonnement d’œuvres éclectiques honore le cheval et les cultures équestres : petit cheval mexicain, malle cloutée, fouet-ombrelle, lanternes, etc. L’évocation de ce bureau, à la fois célèbre et secret, invite à un voyage dans un monde de beauté, de création et d’émotion, dans un lieu d’éloquente mémoire de l’âge du cheval.

L’exposition est animée de productions audiovisuelles et sonores. Des ouvrages anciens, des catalogues et, bien sûr, des carrés de soie témoigneront également d’un passé encore très présent. À ne pas manquer, surtout, des pièces maîtresses comme le cheval à bascule familial, une selle japonaise de l’époque Edo, des harnais créés pour des monarques, le carré de soie Brides de gala, les œuvres de maîtres, dont Charles Le Brun et Théodore Géricault, un Pégase de l’artiste contemporain Christian Renonciat, et des modèles de véhicules hippomobiles.

JPEG

Dernière modification : 30/05/2016

Haut de page