Forum mondial des femmes francophones

Forum mondial des femmes francophones
Discours de la ministre déléguée chargée de la francophonie,
Mme Yamina Benguigui

(Montréal, 15/03/2013)

Je suis très heureuse d’être ici au Québec. Votre pays est à l’avant-garde du combat pour l’émancipation des femmes et de la lutte contre les violences faites aux femmes. Le Québec a pu s’appuyer sur un mouvement féministe important existant depuis plusieurs décennies.

Quatre mille groupes d’actions communautaires autonomes défendent les droits des femmes et font la promotion de l’égalité réelle entre les hommes et les femmes. Vous êtes emblématiques de ces combats dans tous les domaines de la société. Que vous soyez dirigeante d’entreprise, journaliste, productrice ou responsable associative, vous êtes à pied d’oeuvre pour agir, à vos niveaux, pour que l’égalité des droits devienne une égalité de fait.

La société civile québécoise et les autorités publiques de votre pays se sont emparées très tôt de ces questions, pour informer largement la population et mettre ce sujet politique au premier plan. Le conseil du statut de la femme, crée en 1973, le ministère chargé de la condition féminine créé en 1978, ont été des institutions pionnières.

Pauline Marois, qui a occupé ces fonctions de ministre de la condition féminine à deux reprises, est une des militantes ardentes du droit des femmes et j’ai été particulièrement heureuse de pouvoir la rencontrer et partager avec elle des réflexions précieuses.

J’ai conscience qu’une attention particulière a été portée à la lutte contre les violences faites aux femmes, avec le lancement en 1995 de la Politique d’intervention en matière de violence conjugale.

À la demande du président de la République, François Hollande, j’ai imaginé le premier Forum mondial des femmes francophones qui se tiendra le 20 mars à Paris. La question de la violence faite aux femmes y sera abordée et 400 femmes venues des 77 pays de l’espace francophone y participeront.

Aujourd’hui, dans certains pays de l’espace francophone, des femmes n’ont plus de droits, d’autres sont utilisées comme arme de guerre et subissent des viols planifiés dans les conflits armés. Pour d’autres, l’accès à l’éducation leur est interdit, et elles ne bénéficient pas des droits à la santé et à l’égalité.

Qu’elles soient dirigeantes d’entreprise, scientifiques, professeurs, ouvrières, artistes ou intellectuelles, ces 400 femmes dont certaines portent dans leur chair les stigmates des agressions qu’elles ont subies parce qu’elles étaient des femmes, se sont levées un jour dans leurs pays pour devenir des inlassables combattantes des atteintes aux droits des femmes.

Elles viennent témoigner de la nécessité de porter les fondations d’un nouveau statut des femmes francophones, et l’inscrire, à la fin de cette journée, dans les textes fondateurs de l’organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui fédère les États francophones à travers le monde. L’ambition du forum mondial des femmes francophones est de porter un certain nombre d’engagements concrets de la société civile vers les institutions internationales par le relais du politique.

Avec le soutien des nations francophones membres de l’OIF, je fais le pari que la promotion des droits des femmes, que la lutte contre la violence qu’elles subissent, que la valorisation de leur rôle-pivot dans la francophonie deviendront la grande cause francophone d’aujourd’hui et de demain.

J’ai besoin de vous entendre et de vous interroger car votre expérience est particulièrement précieuse du fait de cette forte tradition de promotion du droit des femmes au Québec, inscrite réellement dans votre patrimoine politique collectif.

Merci./.

Dernière modification : 19/03/2013

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