Inauguration du télescope ALMA au Chili [en]

Le plus grand radiotélescope au monde Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (ALMA) a été inauguré mercredi 13 mars 2013. L’appareil se situe à 5000m d’altitude sur le plateau de l’Atacama dans les Andes Chiliennes, c’est le plus grand projet astronomique jamais construit au sol et il est le résultat d’une collaboration entre 17 pays dont la France et le Canada.

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Plateau Chajnantor
Sur le plateau du Chajnantor, on peut observer la moitié des 66 antennes de l’ALMA dont la construction s’achèvera à la fin de l’année 2013.
ALMA (ESO/NAOJ/NRAO), C. Padilla

66 yeux braqués sur le cosmos



ALMA est le plus grand radiotélescope jamais construit, il est révolutionnaire dans son concept scientifique, sa construction et son envergure mondiale. Le télescope est composé – pour l’instant – de 66 antennes de haute précision de 7 et 12 mètres de diamètre, disséminées sur 200 km² et fonctionnant toutes en phase pour couvrir les longueurs d’onde millimétriques et sous-millimétriques.
La résolution et la sensibilité d’ALMA sont sans équivalent selon Laurent Vigroux, directeur de l’Institut d’astrophysique de Paris. Lorsque les antennes seront placées en configuration compacte, l’instrument, d’une surface totale de 7000 m2, sera presque dix fois plus sensible que le radiotélescope qui est actuellement le plus puissant au monde : celui du plateau de Bure dans les Hautes-Alpes en France. Et en configuration étendue, alors que certaines antennes seront distantes de seize kilomètres l’une de l’autre, la résolution des images atteindra 0,01 seconde d’arc, contre 0,3 à Bure !


Des attentes amibitieuses



Alma ouvre une extraordinaire fenêtre aux astrophysiciens dans le domaine des rayonnements millimétriques et submillimétriques, autrement dit, l’infrarouge lointain : une partie du spectre de la lumière correspondant aux phénomènes froids de l’Univers. Cet équipement exceptionnel va aussi permettre aux scientifiques d’explorer la chimie du milieu interstellaire où se forment des molécules organiques complexes, notamment précurseurs des acides aminés qui servent de briques de base au vivant. Les yeux du radiotélescope seront également précieux pour distinguer les plus anciennes galaxies, apparues alors que l’Univers n’était âgé que d’un milliard d’années.
Alors que seulement 16 antennes sont déjà en fonctionnement, des résultats enthousiasmant ont déjà été obtenus. Entre autre les astrophysiciens sont déjà parvenus à dresser la carte la plus précise de la dynamique du gaz autour d’une étoile et publié ces résultats dans la revue Nature.

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Echanges de gaz sur la galaxie HD 142527 à travers un pont de protoplanètes (vue d’artiste)
ALMA (ESO/NAOJ), S. Casassus, et al.


La haute résolution et la sensibilité inégalée d’ALMA ouvrent une nouvelle fenêtre sur l’univers qui pourrait permettre aux scientifiques de percer les secrets ancestraux de l’univers et de remontant jusqu’à son origine en traquant les premières étoiles et galaxies et en explorant les exoplanètes à la recherche des premières traces de vie. ALMA s’annonce au-devant de découvertes fantastiques en astronomie mais on n’est cependant encore incapable de deviner lesquelles…


Le soleil ne se couche pas sur l’ALMA




Construit par un consortium couvrant quatre continents, il rassemble les treize pays de l’Observatoire austral européen (ESO) dont la France est un des fondateurs ainsi que le Canada, les États-Unis, le Japon et Taïwan.
La participation de la France et du Canada dans ce projet confirme leurs statuts de leaders en astronomie. La France s’est investie parallèlement dans le très récent EELT (European Extremely Large Telescope) ou dans le VLT (Very Large Telescope). Le Canada - qui participe à ALMA à travers le CNRC – a très récemment annoncé la construction du plus grand radiotélescope du pays à Penticton en Colombie Britannique.
Plus d’infos sur le site internet d’ALMA


Article posté le 21 mars 2013

Dernière modification : 21/07/2016

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