La Sentinelle - Jane Birkin et Wajdi Mouawad [en]

Quand se rencontrent Jane Birkin et Wajdi Mouawad, mutuellement touchés par leurs parcours respectifs d’artistes et leurs luttes à cœur ouvert, l’estime est immédiate, liée par une même humanité, urgente et entière. Le dramaturge écrit alors tout spécialement un texte destiné autant à la comédienne qu’à la femme engagée, à celle qui porte un sentiment de compassion fort pour le monde et pour l’homme : La Sentinelle, un chant poétique fait de mots pour dire les maux de ceux qui sont morts sacrifiés et privés de leur dignité

JPEG

La Sentinelle

Jane Birkin et Wajdi Mouawad

Vendredi 10 février 2012 à 19h30
Centre national des Arts, Ottawa
(en français)



Jane Birkin : « comme la vague irrésolue »

Fille de la comédienne Judy Campbell et du Commandant de la Royal Navy, David Birkin, Jane Birkin fait ses premiers pas au théâtre à 17 ans dans une pièce de Graham Greene, puis dans une comédie musicale, Passion flower hotel, sur laquelle elle rencontre son premier compagnon, le compositeur John Barry. Elle apparaît à l’écran en 1965, aux côtés de Charlotte Rampling et Jacqueline Bisset, dans un film-phare du Swingin’ London, Le Knack... ou comment l’avoir, Palme d’Or à Cannes. Une récompense qu’obtiendra également son film suivant, Blow-up d’Antonioni.

Arrivée en France en 1968, Jane Birkin passe avec succès les essais du film Slogan. Elle y a pour partenaire celui qui deviendra son Pygmalion et avec qui elle formera l’un des couples les plus populaires de la France des années 70, Serge Gainsbourg, qui lui permettra de mener parallèlement une carrière de chanteuse. Un album aux deux signatures Serge Gainsbourg-Jane Birkin voit le jour en 1969. La voix enfantine de la chanteuse, parfois proche d’un simple souffle, son accent anglais prononcé, la rendent immédiatement reconnaissable. C’est le départ d’une longue collaboration qui aboutira à une œuvre à peu près unique dans la chanson française avec des titres phares tels que Ballade de Melody Nelson ou Je t’aime…moi non plus.

Quelques années après, plusieurs albums de Jane Birkin deviennent Disques d’or dont Baby Alone in Babylone (1983) et Arabesque.

En 1975, elle obtient des rôles plus complexes dans Sept morts sur ordonnance et Je t’aime, moi non plus, le premier film de Gainsbourg.

En 1980, Birkin tourne dans trois films aux côtés de Jacques Doillon qui lui ouvre les portes du cinéma d’auteur. "Soudain, il fallait que je donne tout de moi alors que, jusque là, personne ne m’avait demandé de tout donner", confie-t-elle en 1992 aux Inrockuptibles. Des cinéastes aussi exigeants que Jacques Rivette (L’Amour par terre, La Belle Noiseuse), Agnès Varda (Jane B. par Agnès V./ Kung Fu Master), ou Bertrand Tavernier (Daddy Nostalgie), révèlent une comédienne émouvante et inventive.

Entre français et anglais, chansons et films, cinéma populaire et œuvres radicales, Jane Birkin occupe une place à part dans le paysage culturel, mais à partir des années 90, elle se fait plus rare sur les écrans. On retiendra cependant Noir comme le souvenir de Mocky, et une participation à On connaît la chanson. Dans les années 2000, elle renoue avec le registre burlesque de ses débuts à travers les comédies Reines d’un jour, Mariées mais pas trop ou Thelma, Louise et Chantal. En 2009, Jacques Rivette, cinéaste fidèle à ses actrices, lui offre un beau rôle de femme mélancolique et mystérieuse dans 36 vues du Pic Saint-Loup.

Passée derrière la caméra dès le début des années 90 avec deux courts métrages et le téléfilm Oh pardon ! tu dormais... , elle réalise en 2007 Boxes, long métrage aux accents autobiographiques présenté au Festival de Cannes.

En septembre 2009, Jane Birkin sort l’album Live "Jane au Palace". En parallèle, elle poursuit ses engagements humanitaires auprès des sans papiers, la libération d’Aung San Suu Kyi en Birmanie et les victimes du tremblement de terre en Haïti et plus récemment au Japon.

Dernière modification : 16/02/2012

Haut de page