Le musée d’Orsay rénové

Le musée d’Orsay fête ses 25 ans. A la veille de cet anniversaire, il lui fallait faire peau neuve. La surface et l’éclairage des espaces d’exposition ont notamment bénéficié d’importantes transformations. Au total, deux années de travaux ont été nécessaires.

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Pavillon_Amont_© Sophie_Boegly_

La rénovation du musée était devenue indispensable en raison d’une fréquentation accrue des collections et de la nécessité de mettre en place une meilleure répartition du flux des visiteurs : plus de trois millions chaque année. Il fallait donc retrouver la fluidité et la cohérence requises. L’importance des travaux réalisés a rendu possible l’indispensable réflexion sur la présentation des œuvres dans leur ensemble, et la logique de circulation des visiteurs. Le parcours repose notamment sur la séparation plus nette entre impressionnisme et post impressionnisme.

L’objectif des travaux de rénovation était notamment de présenter les dernières avancées de l’histoire de l’art, de suggérer des correspondances inédites et de rendre au musée la polyphonie, entre les courants, les techniques et les différents arts qui étaient au cœur de sa vocation première. Il s’agissait aussi de renforcer le dialogue entre peinture et sculpture, en redonnant toute leur place aux arts graphiques, en résonance avec toutes les collections du musée. L’ancienne Salle des colonnes, entièrement démantelée, a libéré un plateau de quelques cinq cents mètres carrés qui pourra abriter désormais deux à trois expositions de moyen format par an. De part et d’autre de cette grande salle ont été aménagés des espaces plus intimes, propices à la présentation de la collection d’art graphique du musée ou destinés à étendre le périmètre des expositions temporaires.

Un éclairage de pointe

L’une des innovations majeures de la présentation des œuvres est la mise en place d’un éclairage de dernière génération, reproduisant quasiment à la perfection la lumière naturelle, mais de manière directionnelle. Le résultat permet d’apprécier la richesse chromatique des œuvres de façon tout à fait inédite. Ce qui permet une redécouverte des œuvres comme lorsque les coiffes des arlésiennes de La Salle de bal à Arles de Van Gogh, que l’on croyait noires, sont apparues d’un bleu intense. L’effet est d’une manière générale pour l’impressionnisme, éblouissant dans la révélation des couleurs.

L’abandon du blanc

Le blanc tue toute peinture, en dehors de l’art du XXème siècle et de l’art contemporain. Lorsqu’une peinture académique ou impressionniste est placée sur un fond blanc, le rayonnement du blanc, son halo d’indétermination autour de l’œuvre, empêchent la révélation des contrastes. Progressivement, depuis 2008, le musée d’Orsay a renoué avec le principe du mur coloré en testant de nombreuses teintes. Un tableau de Courbet ou une toile de Manet exigent d’autres fonds que la peinture impressionniste, à la fois plus claire et plus cursive. Par ailleurs, les cadres dorés, notamment les cadres propres à la peinture de Salon, retrouvent leur fonction visuelle et valorisante sur les fonds de couleurs. Les nouvelles salles obéissent donc à ce nouveau parti pris qui apporte aux salles de peintures, chaleur et élégance.

De nouveaux espaces

Le réaménagement des 2000 m2 du Pavillon Amont a été confié à l’architecte Dominique Brard et son équipe de l’Atelier de l’Ile. Il s’inscrit dans le programme de refonte globale des espaces muséographiques mené par le musée d’Orsay avec comme objectifs principaux un aménagement fonctionnel et une fluidité de visite. Chaque niveau a ainsi été réorganisé dans sa structure et sa volumétrie afin de simplifier les espaces complexes et de les transformer en véritables salles d’exposition. Le projet est conçu en intégrant et en croisant plusieurs éléments : agrandissement des surfaces de plancher, nouvelles circulations verticales simples, lisibles et mieux dimensionnées (escalier et ascenseur), éclairage naturel augmenté et maîtrisé (grands puits de lumière) et salles de musée aux volumétries simples, au service des œuvres présentées, bien éclairées, dans une ambiance colorée prononcée.

Le réaménagement des salles du 5ème étage, confié à l’Agence Wilmotte & Associés, représente plus de 2000 m2 de surface. Il concerne la réorganisation de l’ancienne salle des colonnes, le réaménagement de la galerie impressionniste, celui des cabinets mitoyens dédiés aux arts graphiques ainsi que la rénovation de la Galerie Françoise Cachin comprenant également la terrasse du niveau médian et la galerie symboliste. Les teintes profondes et sombres données aux cimaises, ainsi que l’installation d’un plancher, confèrent une atmosphère propice à la découverte des subtilités colorées des œuvres impressionnistes. L’installation lumineuse à été revue par l’architecte et son équipe afin d’insérer un éclairage artificiel modulable, en fonction de la lumière du jour, associé à un éclairage naturel filtré dans la plupart des espaces.

Enfin, le Café de l’horloge a été totalement repensé par les Brésiliens Fernando et Humberto Campana, dont certaines œuvres, très prisées par les collectionneurs, ont déjà fait leur entrée au musée d’Art moderne de New York. Aujourd’hui, il ne reste rien au Café de l’Horloge du confort bourgeois et suranné des bistrots parisiens : plus de velours rouges, plus de bois d’acajou, plus de pommeaux de laiton. Les deux architectes ont préféré les fils métalliques, les éclats d’acrylique et de lames d’aluminium doré.
_ (Source : MAEE, Delphine Barrais, Janvier 2012)

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Musée d’Orsay

Dernière modification : 26/01/2012

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