Le récipiendaire du Prix Nobel de Médecine 2011 à Ottawa [en]




Le Pr Jules Hoffmann récipiendaire du Prix Nobel de Médecine 2011 et de la médaille d’or du CNRS 2011 pour ses travaux sur l’immunité des insectes, était au Canada du 18 au 28 octobre, notamment à Ottawa et Toronto pour une série de conférences. Il s’est vu remettre un doctorat honorifique de l’Université d’Ottawa au cours d’une cérémonie à la Faculté de médecine, le vendredi 21 octobre 2011.

Par la suite, M. Hoffmann a prononcé une conférence intitulée « The Antimicrobial Host Defense of Drosophila : A Paradigm for Innate Immunity à l’Université Carleton et à l’Université d’Ottawa à l’initiative de la Fondation Gairdner, qui lui remettra par ailleurs un des prix de sa Fondation le 27 octobre prochain à Toronto.

Remise du prix Gairdner à Jules Hoffmann
(Toronto le 27 octobre 2011)

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Philippe Zeller, ambassadeur de France, et Lorne Tyrrell, Chair of Gairdner fondation remettent le prix Gairdner à Jules Hoffmann, médaille d’or du CNRS et prix Nobel de médecine 2011

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Le Prix Nobel de médecine 2011 : un Français récompensé

Le Prix Nobel 2011 de physiologie et médecine est décerné au Français Jules Hoffmann, directeur de recherche au Centre national de la Recherche scientifique, professeur à l’Université de Strasbourg, pour ses travaux sur le fonctionnement du système immunitaire. Il partage le Prix Nobel avec deux autres biologistes, l’Américain Bruce Beutler et le Canadien Ralph Steinman. « Cette distinction exceptionnelle honore ce chercheur de renommée internationale ainsi que l’ensemble de la communauté scientifique française », se réjouit le gouvernement français.

Le Français Jules Hoffmann, l’Américain Bruce Beutler et le Canadien Ralph Steinman ont reçu le Prix Nobel 2011 de physiologie et médecine. Cette année, les lauréats du Nobel « ont révolutionné la compréhension du système immunitaire en découvrant les principes clés de son activation », a indiqué le jury dans un communiqué. Jules Hoffmann et Bruce Beutler se partagent une moitié du prix pour leurs découvertes concernant l’activation de l’immunité innée. Ralph Steinman, dont le décès a été annoncé quelques heures après les nominations, est récompensé pour ses travaux sur les cellules dendritiques et leur rôle dans l’immunité adaptative.

Chercheur émérite à l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire de Strasbourg où il est entré en 1964, Jules Hoffmann accroche ainsi un nouveau trophée sur une liste déjà longue de récompenses. En 2010, il reçoit le Prix Rosenstiel pour l’immunité. En 2011, c’est la grande consécration et l’avalanche des prix : il reçoit le Prix Keyo de Médecine, le Prix Gairdner en sciences médicales, le Prix Shaw en sciences du vivant et médecine et la prestigieuse Médaille d’or du Centre national de la Recherche scientifique. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche observe que ce Prix Nobel « témoigne de l’excellence scientifique de la recherche française ».

Né au Luxembourg en 1941, Jules Hoffmann prend la nationalité française en 1970. Professeur à l’université de Strasbourg, le biologiste consacre l’essentiel de sa carrière à l’étude des mécanismes génétiques et moléculaires responsables de l’immunité innée chez les insectes, dont il est devenu un spécialiste de réputation mondiale. Président de l’Académie française des Sciences en 2007 et 2008, le chercheur est également membre des Académies des sciences des Etats-Unis, d’Allemagne et de Russie.

C’est vers la fin des années 1980 que Jules Hoffmann décide de consacrer tous ses efforts à l’étude d’une mouche minuscule, connue depuis un siècle dans les laboratoires du monde : la drosophile ou mouche du vinaigre. Il découvre que, contrairement à l’homme, cette dernière n’a pas besoin de vaccin car elle a une immunité innée. Cet insecte est en fait un système vivant simplifié possédant de nombreuses caractéristiques communes avec les mammifères. En identifiant le récepteur responsable du processus de défense chez la drosophile, le biologiste renouvelle la compréhension du système immunitaire des vertébrés.

Ses travaux de recherche dans le domaine de l’immunité, effectués en collaboration avec Bruce Beutler et Ralph Steinman, ont conduit à la découverte de récepteurs jusqu’alors inconnus dans le domaine de l’immunité : les récepteurs TLR (Toll Like Receptors). Cette découverte majeure a permis de mieux comprendre la mise en jeu instantanée des défenses de l’organisme en cas d’agressions infectieuses comme l’asthme, la maladie de Crohn ou la polyarthrite rhumatoïde.

Les applications dans la santé humaine de cette découverte sont immenses. Les travaux des lauréats « ouvrent la voie à la prévention et aux thérapies contre les infections, les cancers et les maladies inflammatoires », indique le jury. Ces découvertes devraient donc favoriser la vaccination et la lutte contre le cancer.

Le Prix Nobel de médecine « constitue une nouvelle et formidable reconnaissance de l’excellence des chercheurs français et de leur capacité à prendre part aux travaux les plus en pointe au niveau mondial », souligne le chef du gouvernement. Les derniers Français à l’avoir obtenu étaient Luc Montagnier et Françoise Barret-Sinoussi, en 2008. Cette nouvelle distinction témoigne du dynamisme et de la qualité de la recherche française dans le domaine de la médecine.

Les lauréats recevront leur prix lors d’une cérémonie officielle à Stockholm, en Suède, le 10 décembre 2011. Le Nobel est doté de 10 millions de couronnes (1,08 millions d’euros).

Sites Internet

Centre national de la Recherche scientifique
Université de Strasbourg

(Source : MAEE/Annik Bianchini/2011)

Dernière modification : 30/01/2012

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