Quelques points d’histoire

Le premier peuplement du Canada remonte, selon les archéologues, à plusieurs milliers d’années, lorsque des tribus asiatiques, dont les Inuits et les Amérindiens d’aujourd’hui seraient les descendants, franchirent le Détroit de Behring.

Le nom de Canada est probablement d’origine amérindienne et correspondrait au mot "Kanata" utilisé par les Hurons et les Iroquois pour désigner un village.

I. Période coloniale

Le Canada n’accède à l’Histoire européenne qu’en 1534, quand Jacques Cartier, navigateur de Saint-Malo, en prend possession au nom du Roi de France, François Ier. Cette date marque en même temps le début d’une longue compétition entre Français et Anglais pour la maîtrise du continent nord-américain, à l’exception de la Floride, découverte par les Espagnols en 1513, et de l’Alaska. En 1604, c’est la fondation de Port-Royal, berceau de l’Acadie, et, en 1608, Samuel de Champlain, véritable fondateur du Canada français, s’établit à Québec. En 1610, Henry Hudson donne son nom à un détroit et à une baie, et la grande île explorée par Frobisher devient officiellement, en 1616, l’île de Baffin, du nom du navigateur qui en prend alors possession. Pendant ce temps, les Anglais fondent leurs premières colonies au sud du Canada.

De leur côté, Louis Jolliet et le Père Jacques Marquette atteignent le cours supérieur du Mississippi en 1673 et en 1682, Cavelier de la Salle donne le nom de Louisiane à cette partie du continent. Allant à l’encontre des revendications de l’Espagne et de l’Angleterre, Pierre le Moyne d’Iberville fonde en 1699 un premier établissement français dans la baie de Biloxi et, en 1723, la Nouvelle-Orléans devient capitale de la colonie.

La fin de la guerre de succession d’Espagne s’accompagne de la première brèche dans le Canada français avec la cession par le traité d’Utrecht (1713), de l’Acadie (la Nouvelle-Ecosse actuelle) et de Terre-Neuve à la Couronne britannique. La bataille des "Plaines d’Abraham" près de Québec, en 1759, puis la capitulation de Montréal en 1760, scellent définitivement le destin du Canada. Celui-ci est cédé à la Couronne anglaise, à l’exception des îles Saint-Pierre-et-Miquelon et du maintien de droits de pêche autour de Terre-Neuve (1763, traité de Paris).

Entre 1791 et 1795, le capitaine Vancouver assure au profit de l’Angleterre la conquête définitive de la côte ouest du Canada, devenue aujourd’hui la "Colombie Britannique".

II. Confédération canadienne et indépendance

Ce n’est cependant qu’en 1867 que naît la Confédération canadienne, instituée par l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique et composée à l’origine de quatre provinces : Québec, Ontario, Nouvelle-Ecosse et Nouveau-Brunswick. En 1870, une nouvelle province est créée, le Manitoba. L’année suivante la Colombie-Britannique et, en 1873, l’Ile-du-Prince-Edouard se joignent à la Confédération. Les Territoires du Nord-Ouest sont créés en 1874, englobant tous les Territoires compris entre le Manitoba et la Colombie-Britannique. En 1905, les provinces de l’Alberta et de la Saskatchewan sont découpées dans les Territoires du Nord-Ouest, portant ainsi à neuf le nombre des provinces. Enfin, en 1949, Terre-Neuve choisit par référendum de faire partie de la Confédération. Entre temps, le Canada était devenu un Etat souverain, à la suite de la Conférence impériale de Londres, en 1926, et de la promulgation du statut de Westminster, en 1931. La Constitution canadienne restait toutefois, en l’absence d’un accord sur les modalités de son "rapatriement", une loi du Parlement britannique.

L’effondrement de l’économie, dans les années 30, est aussi spectaculaire que la croissance qui l’avait précédée, alors que les richesses naturelles du Canada attiraient de nombreux investisseurs étrangers. La dépression économique convainc de nombreux Canadiens de la nécessité de remanier leur Constitution, afin de mieux répartir les revenus et les responsabilités entre les deux paliers de gouvernement, fédéral et provincial. Les premières tentatives entreprises à partir de 1935 restent vaines et, pendant la Seconde guerre mondiale, qui verra l’engagement de troupes canadiennes en Europe, la question constitutionnelle est reléguée à l’arrière-plan.

Les années 45-65 sont marquées par une expansion progressive des politiques fédérales de bien-être social, ainsi que par l’adoption d’un système de péréquation, dont bénéficient largement les provinces pauvres. Seuls le Québec et, dans une moindre mesure, l’Ontario formulent des réserves quant à la centralisation de pouvoirs dans ce domaine.

La victoire écrasante du parti Conservateur de John Diefenbaker aux élections de 1958 marque l’ouverture d’une nouvelle ère dans la politique canadienne. Dès le début du mandat du Premier ministre conservateur, la population s’inquiète du niveau élevé des investissements américains, qui placent le Canada dans un état de dépendance vis-à-vis de son puissant voisin. Les relations canado-américaines occupent ainsi le premier plan des préoccupations des hommes politiques canadiens durant les années 60 et 70.

Cependant, au moment du centenaire de la Confédération, en 1967, la question de la réforme constitutionnelle, en suspens depuis près de 30 ans, retient à nouveau l’attention. Le Québec, où l’éveil du nationalisme date des années 60, s’insurge contre les restrictions imposées par le système fédéral, malgré les efforts du gouvernement libéral de Lester B. Pearson, élu en avril 63, pour parvenir à des accommodements.

La prise de pouvoir, à la fin des années 60, par les Libéraux de P.E. Trudeau, constitue un point tournant dans l’affirmation de "l’identité canadienne" face à la Grande-Bretagne et surtout au voisin américain. Les politiques de Trudeau, et les institutions qu’il crée, mettent l’accent sur le renforcement de la souveraineté économique du Canada sur son territoire et la consolidation de l’identité nationale. Dans cet esprit, il est déterminé a conclure une entente avec les provinces pour rapatrier la Constitution.

Durant la même période au Québec, la montée du nationalisme résultant de la "Révolution tranquille" du gouvernement de Jean Lesage, qui a grandement modernisé les institutions et l’économie québécoise, entraîne une montée du mouvement indépendantiste, concrétisée par la fondation du Parti Québécois (PQ) de René Levesque.

Dans le même temps, les problèmes économiques des années 70 modifient les rapports de force existant dans le pays. Le "boom" pétrolier, dont bénéficient les provinces productrices de l’Ouest, notamment l’Alberta, affecte, en effet, l’équilibre de la Confédération, en réduisant la domination traditionnelle du Canada central (Ontario, Québec), tandis que l’inflation et le chômage frappent l’ensemble du pays.

Au Québec, le Parti Québécois prend le pouvoir en novembre 1976. Le Gouvernement Levesque, lors du référendum provincial de mai 80, n’obtient pas le mandat de négocier sa formule de "souveraineté-association avec le reste du Canada", mais le PQ gagne néanmoins les élections provinciales de mai 1981. En dépit de longues tractations, aucun accord ne peut cependant être conclu sur le problème constitutionnel : le Premier ministre fédéral P.Trudeau annonce alors son intention de procéder au rapatriement unilatéral de la Constitution et d’y inclure une formule d’amendement, ainsi qu’une charte des libertés. Ses efforts aboutissent le 5 novembre 1981 à la conclusion d’un accord entre Ottawa et les neuf provinces anglophones, accord auquel le Québec refuse de s’associer.

Cet accord est néanmoins entériné le 17 avril 1982, lorsque la Reine proclame à Ottawa "la Loi Constitutionnelle de 1982", qui met fin à la juridiction législative britannique sur la Constitution du Canada et met en vigueur la "Charte canadienne des Droits et Libertés". L’Assemblée Nationale du Québec adopte alors une loi spéciale permettant de soustraire pendant cinq ans les lois québécoises de certains des articles de la Charte canadienne (comme le stipule la clause nonobstant dans la Constitution de 1982).

A leur arrivée au pouvoir en 1984, les Conservateurs remettent à l’ordre du jour les négociations constitutionnelles : M. Brian Mulroney, le nouveau Premier ministre, promet de ramener le Québec dans la Confédération canadienne, "dans l’honneur et l’enthousiasme". L’accord constitutionnel, dit du Lac Meech, adopté en 1987 par les onze Premiers ministres, fédéral et provinciaux, et qui prenait en compte les cinq conditions minimales posées par le Québec, devait être ratifié par le Parlement fédéral et l’ensemble des Assemblées législatives provinciales dans un délai de 3 ans ; l’opposition du Nouveau-Brunswick (finalement levée), du Manitoba et de Terre-Neuve fait échouer, en juillet 1990, cette tentative de régler la crise constitutionnelle. A la suite d’une série de consultations, le Premier ministre Mulroney, ses homologues provinciaux et les leaders autochtones entament en août 1992 une nouvelle ronde de négociations qui les conduit à adopter, le 28 août, l’Entente de Charlottetown. Soumise le 26 octobre au référendum, l’Entente est rejetée dans six provinces (dont le Québec) sur dix.

Impopulaire, Brian Mulroney annonce le 24 février 1993 sa démission. Aux élections législatives du 25 octobre, le Parti Libéral remporte la majorité avec 177 sièges (sur 295), essentiellement en Ontario et dans l’Est. Le parti Progressiste-conservateur ne parvient à sauver que deux sièges. L’opposition officielle est revenue au Bloc Québécois, de M. Lucien Bouchard, parti défendant la thèse souverainiste au plan fédéral. Le troisième grand parti de la Chambre des Communes, un parti de droite, le Parti Réformiste de M. Preston Manning, n’est pratiquement implanté que dans l’Ouest.

M. Jean Chrétien forme son premier gouvernement le 4 novembre 1993, avec deux principales préoccupations : la relance de l’emploi (le chômage frappe alors plus de 11% de la population active) et la réduction du déficit budgétaire (la dette accumulée du gouvernement fédéral est de 500 milliards de $CAN en janvier 1994). En revanche, M. Chrétien refuse de rouvrir la question constitutionnelle. Les Libéraux de Jean Chrétien reviennent au pouvoir en juin 1997, en conservant une majorité absolue, mais réduite (155 députés sur 301).

Au Québec, le Parti Québécois, souverainiste, remporte les élections législatives en septembre 1994. Le nouveau Premier ministre, M. Jacques Parizeau, convoque un référendum sur l’avenir du Québec en octobre 1995. Un résultat serré en défaveur de l’option souverainiste (49,4% des voix au Oui contre 50,6% au Non) entraîne la démission de Jacques Parizeau et l’arrivée de Lucien Bouchard à la tête du gouvernement québécois. Il annonce que son premier objectif sera le redressement économique et l’assainissement des finances et renvoie à plus tard la tenue d’un nouveau référendum sur la souveraineté. Réélu en novembre 1998, Lucien Bouchard confirme qu’il n’organisera un référendum que lorsque des "conditions gagnantes" seront réunies.

L’année 1999 a vu la création officielle du Territoire du Nunavut (1/5ème de la surface du Canada, peuplé d’environ 25 000 habitants), issu d’une revendication territoriale des Inuits datant de plus de 20 ans.

La relation entre Ottawa et Québec a été marquée en 2000 par l’adoption par le Parlement, après de vifs débats, de la loi C-20, dite "de la clarté", qui définit les conditions auxquelles le gouvernement fédéral pourrait envisager d’accepter d’entreprendre des négociations à l’issue d’un éventuel référendum gagnant sur la souveraineté du Québec.

Le gouvernement libéral conduit par Jean Chrétien a remporté une nette victoire aux élections fédérales anticipées du 27 novembre 2000, amplifiant sa majorité absolue (172 sièges sur 301). Le Parti de l’Alliance canadienne (droite conservatrice, héritière du « Reform Party ») n’a pas réussi la percée qu’il espérait. Le Bloc Québécois perd des sièges par rapport à 1997. M. Chrétien a entamé ainsi un 3ème mandat majoritaire. Il est devenu le 3ème Premier ministre canadien du 20ème siècle à enchaîner trois gouvernements majoritaires successifs. La crise au sein du parti libéral entraînée par la lutte d’influence qui oppose Jean Chrétien à son ancien ministre des Finances, Paul Martin, candidat déclaré à la succession depuis la mi-juin 2002, l’a conduit a annoncer son retrait de la direction du pays en décembre 2003. Monsieur Paul Martin devient officiellement Premier ministre du Canada, le 12 décembre 2003.

Lors des élections de juin 2004, le Parti Libéral a reçu un appui mitigé de la part des électeurs. Il a tout de même été appelé à former un gouvernement minoritaire avec 133 députés.

Les trois partis d’opposition (PCC, BQ, NPD) comptaient ensemble la majorité des députés. Après une première tentative infructueuse en mai 2005, l’opposition a défait le gouvernement lors d’un vote de confiance à la Chambre des communes en novembre 2005.

Le Premier ministre Paul Martin a dissous la chambre et
annoncé la tenue d’élections le 23 janvier 2006.

III. Arrivée au pouvoir des conservateurs

Le Parti Conservateur y a remporté une majorité relative et a été appelé à former le gouvernement. Son chef, Stephen Harper, est devenu le 22e Premier ministre du Canada , le 6 février 2006

Le soir même, Paul Martin a annoncé sa démission comme chef du Parti libéral. Le 2 décembre 2006, Stéphane Dion devient le 11e chef du Parti libéral du Canada.


Sur la question des rapports entre le Québec et le reste du Canada, le Premier ministre a réussi à faire voter, le 27 novembre 2006, à la quasi-unanimité de la Chambre des Communes, une motion reconnaissant que les "Québécois forment une nation au service d’un Canada uni".

Le 7 septembre 2008, le Premier ministre déclanche des élections fédérales. Le 14 octobre -jour des élections- le Canada se retrouve avec un nouveau gouvernement minoritaire (143 sièges vs 126), le troisième en 4 ans. Le chef du PLC, Stéphane Dion, démissionne après l’échec du Parti libéral (76 sièges vs 96).

Lors des élections du 2 mai 2011, le Parti conservateur obtient 39,6 % des suffrages et 166 députés à la Chambre des communes. Cette élection permet au parti de former un gouvernement majoritaire au Parlement. Le chef du Parti libéral du Canada Michael Ignatieff annonce sa démission le 3 mai 2011 suite aux résultats décevants de ces dernières élections.

Bob Rae devient chef intérimaire du parti le 25 mai 2011. Justin Trudeau, élu par une écrasante majorité de membres du parti, prend la relève le 14 avril 2013.

Dernière modification : 28/05/2013

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