lors de la conférence-débat sur le général De Gaulle et Jean Moulin
Ambassade de France au Canada, le 23 mars 2011
Messieurs les Chefs de missions diplomatiques,
Monsieur le Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger, Cher Jacques Janson,
Messieurs les représentants d’associations d’Anciens Combattants,
Mesdames, Messieurs, Chers amis,
Nous sommes réunis ce soir pour évoquer la vie et l’œuvre de deux grandes figures de l’histoire de France : le général De Gaulle et Jean Moulin.
Deux destins exceptionnels, que la seconde guerre mondiale a rapprochés.
D’un côté, Charles De Gaulle, un soldat. Formé à St-Cyr, De Gaulle effectue une carrière militaire irréprochable : jeune officier pendant la première guerre mondiale, il est colonel lorsqu’éclate la seconde guerre mondiale. En mai 1940, il est nommé général puis sous-secrétaire d’Etat à la guerre dans le gouvernement de Paul Reynaud. Il a alors 50 ans.
De l’autre côté, Jean Moulin, un haut fonctionnaire. Après des études de droit, il entre dans l’administration préfectorale en 1922 et occupe plusieurs postes de sous-préfet avant de devenir en 1937, le plus jeune préfet de France, dans l’Aveyron, à Rodez. Il n’a que 38 ans.
. Ce qui a rapproché ces deux destins, ce sont des refus.
Refus de la défaite, d’abord.
En juin 1940, l’armée française est en déroute. Le 16 juin, Paul Reynaud, le président du Conseil (càd le chef du gouvernement) démissionne. Il est remplacé par le maréchal Pétain qui annonce aux Français, le lendemain, qu’il faut cesser les combats.
Cette « étrange défaite », pour reprendre l’expression de l’historien Marc Bloch, De Gaulle la refuse. Le 18 juin, à Londres, il prononce à la BBC son célèbre appel à poursuive les combats.
Refus d’obéissance à l’administration de Vichy, ensuite.
Au cours de l’été 1940, le régime mis en place par le maréchal Pétain, qui a obtenu les pleins pouvoirs, s’engage dans la collaboration avec l’Allemagne nazie. Jean Moulin, préfet d’Eure-et-Loir, refuse d’obéir à l’occupant : il refuse d’accuser à tort des tirailleurs sénégalais d’atrocités et il est arrêté par les Allemands. Il refuse ensuite d’obéir à l’administration de Pétain et il est révoqué en novembre 1940.
Pour Charles De Gaulle, comme pour Jean Moulin, refuser d’obéir devenait une exigence morale au moment où des valeurs, bien supérieures aux ordres donnés, étaient en jeu.
. Charles De Gaulle, Jean Moulin. It is the French resistance that linked their destinies.
After his appeal of June 18, De Gaulle organized the resistance movement from London. And the challenge was great : to continue to fight, to continue to make the voice of France – of a free France – heard by the Allies. On the French soil, the resistance was growing. A number of groups were forming, with the same challenge, for the defence of the same values.
It was in September 1941 that the two men crossed each other’s paths : Jean Moulin was received by General De Gaulle in London and assigned a mission : to unite all the resistance movements.
C’est donc l’objet de la conférence de ce soir : considérer ces deux parcours de résistants, unis dans un même combat, comprendre leurs rôles et le leadership qu’ils ont exercé.
Avant de passer la parole à Monsieur Alain Paul Martin, je voudrais simplement rappeler que le Charles de Gaulle dont il est question de ce soir est le de Gaulle de la Seconde Guerre Mondiale. Autrement, il y aurait trop à dire en si peu de temps !
Par ailleurs, les propos tenus au cours de la conférence et de la période de questions réponses n’engagent nullement l’Ambassade de France.
Je laisse maintenant à M. Alain Paul Martin, président du Club de l’Université Harvard d’Ottawa, le soin de présenter notre conférencier.

