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L’après Copenhague

La Conférence de Copenhague s’est achevée le 18 décembre. Elle avait pour ambition de rassembler l’ensemble de la communauté internationale autour du futur régime de lutte contre le changement climatique à mettre en place fin 2012, date d’expiration du Protocole de Kyoto.

Comme l’a souligné ces derniers jours Bernard Kouchner, la conférence de Copenhague est une étape majeure vers une nouvelle gouvernance mondiale qui permettra "un développement solidaire et vert".

Cette étape a été franchie à Copenhague dans un contexte de grande tension. Pour la première fois, la majorité de la communauté internationale - 130 des 192 pays de la convention climat étaient représentés par leur chef d’Etat ou de gouvernement - s’est engagée sur la voie d’une stabilisation des émissions de gaz à effet de serre avec une validation de l’objectif de limiter le réchauffement global des températures à moins de 2°C.

Deux années de travail ont permis des avancées importantes sur les principaux thèmes de la négociation (vision partagée, atténuation des émissions incluant les forêts, adaptation, financements innovants et transferts de technologies).

Les deux groupes de travail ad hoc créés en 2007 à Bali, l’un sur le futur de la Convention climat et l’autre sur le futur du Protocole de Kyoto ont été reconduits à Copenhague. Les textes rédigés, bien avancés sur certains sujets, doivent servir de base au futur traité international. Le lien juridique entre l’accord politique obtenu et les travaux à venir dans les deux groupes de travail sera essentiel pour obtenir le traité global et ambitieux auquel la France aspire.

L’accord de Copenhague a permis les 9 avancées majeures suivantes :

1- L’objectif de 2°C et l’affirmation d’un pic mondial des émissions le plus tôt possible ; 2- La création d’un cadre spécifique pour l’adaptation pour les pays les plus vulnérables ; 3- L’enregistrement des objectifs de réduction des pays développés d’ici 2020 ; 4- L’enregistrement des actions d’atténuation des Pays en voie de développement (PED) d’ici 2020 ; 5- Des orientations sur le dispositif de suivi des engagements ; 6- L’instauration d’un mécanisme pour lutter contre la déforestation ; 7- La mise en place de ressources financières pour aider les actions d’atténuation, avec un engagement de 30 milliards de dollars pour la période 2010-2012, la fixation d’un objectif de 100 milliards de dollars par an en 2020 pour l’aide climat dans les PED, et la création d’un fonds climat ; 8- Le lancement d’un processus permettant notamment d’identifier les financements innovants ; 9- La création d’un mécanisme pour accélérer le déploiement des technologies ;

L’accord de Copenhague constitue une étape essentielle qui ouvre la voie à un processus ambitieux dès 2010 avec :
- Avant le 31 janvier, la mention par tous les pays de leurs engagements chiffrés dans les deux annexes de l’accord ;
- En juin, la conférence intermédiaire de Bonn
- En décembre, la COP16, la prochaine conférence des parties, au Mexique. Elle dispose d’un mandat de travail très large et a notamment vocation à transformer en engagement juridiquement contraignant l’accord politique de Copenhague.

Si la Conférence de Copenhague n’a pas permis d’obtenir toutes les avancées nécessaires au regard des positions françaises et européennes, l’accord politique qui en découle constitue néanmoins une étape essentielle dans la lutte globale contre le changement climatique. Dans la perspective de la Conférence de Mexico en décembre 2010, la France réaffirme sa détermination à travailler avec l’ensemble des pays et de ses partenaires à l’élaboration d’un accord ambitieux, juste et équilibré.

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